PSYCHO : Insertion professionnelle et drépanocytose

S’insérer dans le monde du travail n’est pas si facile de nos jours. Le marché de l’emploi est tellement aléatoire et les choses vont si vite : les diplômes (surtout ceux qui sont du secteur technique), ont un temps de vie de plus en plus limité ; ils doivent être réactualisés très régulièrement pour que le demandeur d’emploi reste compétitif. Les jeunes adultes drépanocytaires que nous accompagnons, nous posent le plus souvent des questions sur la façon dont ils doivent se maintenir dans leur métier, voire quel métier choisir.
Beaucoup de ces jeunes professionnels ont la volonté de faire leurs preuves dans leur entreprise respective et hélas, tiennent peu compte des contre-indications médicales élémentaires de la maladie.

Pourtant, ces contre-indications sont vitales pour le drépanocytaire. Voici quelques précautions à prendre :

  • Eviter autant que possible les courants d’air et les passages du chaud au froid (comme on peut trouver dans le métier  magasinier/cariste surtout dans un entrepôt exposé aux quatre vents ; dans le métier de portier ou voiturier).
  • Pas de trop longues expositions au froid ou à de fortes chaleurs ;ce qui exclut les métiers en chambre froide de manière prolongée ou en extérieur dans le froid et par grosse chaleur (ex. : facteur ; agent d’espace vert).
  • Essayer de tenir une vie saine (bien manger, bien boire et bien dormir) et être vigilent sur certains métiers de la restauration tel que celui de serveur et bien évaluer comment son corps réagit pour les métiers de nuit, comme celui de surveillant par exemple.

Souvent, ces jeunes adultes en emploi ou en recherche d’emploi, ne souhaitent pas que leur employeur soit au courant de leur situation de santé. Ils en ont pleinement le droit ;cependant, cela les exclut non seulement, de la possibilité de bénéficier de possibles aménagements dans leur activité professionnelle mais aussi,la possibilité à l’entreprise de palier au mieux leur absence en cas de crise ou d’hospitalisation.

Nous rencontrons également des malades qui refusent de faire une demande de reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH). La raison la plus fréquemment apportée, est que ces personnes ne veulent pas être perçues comme des malades en emploi, mais comme des employéslambda.
La maladie ne s’arrange pas à l’emploi, alors que l’emploi lui, doit souvent s’arranger de la maladie. C’est dans le sens d’adapter l’emploi à la maladie, que la loi du 11 février 2005 a été retravaillée.

À l’APIPD (Association Pour l’Information et la Prévention de la Drépanocytose), nous sommes à l’écoute de toutes personnes qui le souhaitent et essayons de conseiller de notre mieux, en fonction de chaque individu, dans les conduites à suivre pour faciliter leur insertion professionnelle ou leur maintien en emploi. Néanmoins, chacun reste libre de penser son parcours professionnel, parce qu’avant tout, c’est à lui de trouver comment il souhaite concilier travail et santé.

Article de Valérie NOIRAN (psychologue de l’APIPD) et Jenny HIPPOCRATE (présidente de l’APIPD)

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